HERVÉ FISCHER

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Artiste-philosophe, né à Paris, France, en 1941. Double nationalité, canadienne et française. Hervé Fischer est ancien élève de l'École Normale Supérieure (rue d'Ulm, Paris, 1964). Il a consacré sa maîtrise à la philosophie politique de Spinoza (sous la direction de Raymond Aron), et sa thèse de doctorat à la sociologie de la couleur (Université du Québec à Montréal). Pendant de nombreuses années il a enseigné la sociologie de la culture et de la communication à la Sorbonne-Paris V (Maître de conférences en 1981). A Paris il a aussi été professeur à l'École nationale Supérieure des Arts décoratifs (1969-1980). On lui doit de nombreux articles spécialisés, participations à des ouvrages collectifs et conférences dans le domaine des arts, de la science et de la technologie, en rapport avec la société. Parallèlement il a mené une carrière d'artiste multimédia. Fondateur de «l'art sociologique» (1971), il a été l'initiateur de projets de participation populaire avec la radio, la presse et la télévision dans de nombreux pays d'Europe et d'Amérique latine, avant de venir s'installer au Québec au début des années 80.

Il a été artiste invité du Pavillon français à la Biennale Venise en 1976, invité spécial à la Biennale de Sao Paulo en 81; il a participé à la Documenta 7 de Kassel en 82. Il a eu des expositions personnelles au Musée Galliéra à Paris en 74, à l'I.C.C. d'Anvers en 75, aux Musées d'art contemporain de Sao Paulo en 76, de Montréal (rétrospective) en 81 et de Mexico en 83, de Buenos Aires (2003), Montevideo (2004), Santiago du Chili (2006). Il a été l'organisateur de la participation franco-canadienne au projet Marco Polo de roman télématique francophone impliquant des écrivains d'Afrique, d'Europe, du Canada en 85, sous le patronage des écrivains Umberto Ecco et Italo Calvino.

En 1987, il a été co-auteur et producteur du court métrage de 12 minutes d'animation par ordinateur 3D "Le Chant des Étoiles", à l'occasion du Sommet francophone de Québec, gagnant notamment du 1er Prix Musique Vidéo à la compétition internationale d'animation par ordinateur du National Computer Graphics Association, États-Unis, 88. Depuis 1999, il a fait un retour à la peinture sur le thème de l'âge du numérique. Il est co-fondateur et co-président (1985), avec Ginette Major, de La Cité des arts et des nouvelles technologies de Montréal: l'exposition Images du Futur, le Café Électronique (1995), la Compétition Internationale d'animation par ordinateur – Images du Futur (1986) et le Cybermonde (1995). Il a créé: en 1990 le Festival Téléscience, dont il a été le directeur général jusqu'en 2002 et en 1993 le M.I.M. (Marché International du Multimédia. Il est co-fondateur et président de Science Pour Tous, (regroupement des organismes québécois de culture scientifique et technique) et de la Fédération Internationale des Associations de Multimédia (1997).

Il a été élu titulaire de la chaire Daniel Langlois des technologies numériques et des beaux-arts à l'Université Concordia de Montréal, responsable de la conception d'un Médialab québécois, Hexagram, en consortium entre les universités Concordia et UQÀM (2000-2002). Il est actuellement professeur associé et directeur – fondateur de l’Observatoire international des nouveaux médias à l’UQÀM, chercheur à Hexagram.

Il a été membre de plusieurs conseils d'administration, dont la Société de développement de Montréal (SDM) de 2001 à 2006. Membre du WHO'S WHO in Executives and Professionnals (États-Unis). Il a reçu avec Ginette Major le Prix Leonardo Make Peace Tsao pour son implication en faveur de l'art et de la science (États-Unis, 1998), artiste invité des Rencontres Images et science du CNRS (France). Chevalier des Arts et Lettres et de l'Ordre national du mérite du gouvernement français. Conservateur de l'exposition Cym@r d'art et de technologie de Weimar, capitale culturelle de l'Europe en 1999.

Il a publié de nombreux articles et livres sur l'art et les communications, notamment: – Art et communication marginale, Balland, 1974 – Théorie de l'art sociologique, Casterman, 1976 – L'Histoire de l'art est terminée, Balland, 1981 – Citoyens-sculpteurs, Segedo, 1981 – L'Oiseau-chat (sur l'identité québécoise), La Presse, Montréal,1983 – La Calle adonde llega? Arte y Ediciones, Mexico, 1984. Il a publié en 2000 sur Internet Mythanalyse du futur (400 p. à 'www.herverfischer.net', en 2000 – Le choc du numérique (400 p., vlb éditions, 2001, UNTREF, Argentine, 2003 et McGill and Queen’s University Press, 2006) - Le romantisme numérique (60 p., Fides et Musée de la civilisation, 2002) – Les défis du cybermonde (direction, P. U. L., 2003) – CyberProméthée, l'instinct de puissance (éditions vlb, 2003 et UNTREF, Argentine) – La planète hyper - de la pensée linéaire à la pensée en arabesque (vlb, 2004) – Le déclin de l'empire hollywoodien (vlb, 2004, Talon Books, 2006, ICAI et Amazonia Ediciones, 2008), - Nous serons des dieux (vlb, 2006), - Québec imaginaire et Canada réel : l’avenir en suspens (vlb, 2008).

Il parle et écrit 4 langues: le français, l'allemand, l'anglais et l'espagnol.

 

Hervé Fischer, l'agitateur interactif
Par Denis Fortier
Article publié par Le Monde, le 29 juillet 1996

Costume sombre, cravate, barbe grisonnante et lunettes rondes, Hervé Fischer cache bien son jeu. Ce normalien, philosophe, ancien maître de conférences à l'université Paris-V dans les années 70, théoricien de l'art sociologique, s'est taillé, depuis son installation au Québec, une réputation d'agitateur d'idées interactives. Parmi ses dernières réalisations, l'ouverture du premier café électronique au Québec, au cœur du vieux quartier de Montréal. Écoliers, étudiants, simples curieux ou branchés de la première heure se côtoient derrière l'un des cinquante terminaux mis à leur disposition pour environ 35 F de l'heure. Ils peuvent, au choix, consulter une médiathèque de CD-ROM ou naviguer sur Internet.

" Le café électronique fait partie de la Cité des arts et des nouvelles technologies de Montréal ", rappelle Hervé Fischer. Ce centre à but non lucratif, qu'il a créé en 1985 en compagnie de Ginette Major, est devenu un rendez-vous de la création d'avant-garde. Une série de manifestations y sont organisées chaque année. Une exposition annuelle, " Images du Futur ", a accueilli depuis sa création en 1986, plusieurs centaines d'œuvres et installations d'artistes internationaux. On peut également citer le Festival Téléscience, dédié aux documentaires, suivi chaque année par près de quarante mille personnes et diffusé sur Télé Québec.

Hervé Fischer est aussi l'initiateur du MIM, Marché international du multimédia, " trait d'union, entre les créateurs, les développeurs et les industriels du multimédia et de l'interactivité ". Ce mariage entre arts, culture et commerce fonctionne plutôt bien et ouvre des perspectives intéressantes dans un pays où " les inforoutes et l'édition électronique s'intègrent dans le quotidien d'une large part des habitants ".

Son nouveau musée des sciences virtuel vise plutôt la sphère éducative : " Il ne s "agit pas de créer une cathédrale du savoir, mais plutôt un essaim de connaissances relié par un réseau dont le miel pourra être butiné via le Net. Ce cybermusée de la nouvelle génération est destiné aux écoles, qui pourront échanger des données via une centaine de terminaux et un serveur spécifique. La Cité des sciences de Paris est l'un des partenaires de cette opération ". De quoi pallier l'absence d'un musée des sciences à Montréal, pour un investissement et un coût d'exploitation infiniment moins important.

Le Monde / 29 / 07 / 1996.